étang Oriental
Les filles sportives
Fille triste
oiseau

Née d’une union d’amour, le 19 mars 1988, sous le signe du poisson, je suis une enfant hypersensible, profondément touchée par l’injustice et le malheur des gens. Je grandis dans un milieu laïc où des questions d’ordre métaphysique m’interpellent très tôt :

 

Qu’est-ce que la mort ? Suis-je immortelle ? Qu’est-ce que le temps ? Est-ce que Dieu existe ? Et les anges dans tout cela ? Y a-t-il un monde spirituel qui guide nos actions ? Ai-je une mission de vie ? Qu’est-ce que l’intuition ?

 

Sans savoir vers qui me tourner pour en discuter, je préserve ces interrogations au fond de mon cœur et cherche à m’instruire pour trouver des réponses, qui ne viendront hélas qu’à l’âge adulte.

 

A 12 ans, je vis ma première expérience marquante de discrimination, parce que je suis une fille. Un beau matin, j'apprends que les cours de sport ne se feront dorénavant plus en commun : les garçons joueront au foot et les filles feront de la gymnastique douce. Scandalisée, je décide de fomenter une insurrection et rallie mes copines à ma cause. Notre plan : une fois sorties des vestiaires, nous courrons à l’étage, comme si de rien était, pour s’asseoir sur les bancs parmi les garçons. En désespoir de cause, nous sommes renvoyées de la salle, car les garçons risqueraient de nous blesser. Je ressens une profonde injustice qui sèmera les graines de mon questionnement autour du rapport Homme – Femme et mon besoin de m’en libérer.

 

Puis quelques années après cet incident, la vie décide de me faire voyager au pays de la souffrance pour renaître à Moi-M’aime. Suite à ma première longue relation amoureuse, je me sens profondément blessée et traumatisée dans ma sexualité. Ne comprenant pas ce qu’il m’arrive et ne trouvant pas les moyens d’en parler, mon corps prend le relais et me plonge dans l’enfer de l’anorexie et des compulsions alimentaires. Je veux inconsciemment cacher ce corps qui devient femme et appeler à l’aide, car avancer seule sur ce passage initiatique m’est trop effrayant.

 

J’ai 16 ans, je me meurs, mon environnement m’asphyxie... Trop d'abus autour de moi qui me désécurise sans avoir les mots pour en parler. J’ai la sensation de devoir changer d’air, car comme le dit si bien Baudelaire dans son poème Spleen : « le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ». Je décide de quitter la Suisse pour aller vivre en communauté dans un internat en campagne New Yorkaise. Je vais baigner dans une langue qui m’apporte de la joie et de la légèreté, au surplus découvrir ce qu’est l'amour inconditionnel de son prochain, vivre dans un environnement sain mais aussi flirter avec les paradis artificiels…

 

Après deux ans, je monte plus au Nord et m’installe à Boston pour démarrer un cursus universitaire. J’ai besoin de resserrer les liens entre femmes et j’expérimente à 18 ans la superficialité d’une sororité à l’américaine avec bizutage, humiliation, contrôle, jalousie et manipulation. J’en ressors dégoutée et écœurée.

 

J’entends le cri de ma terre natale qui m’appelle et rentre en Suisse. A mon retour, j’explore tous les métiers du monde dans un sorte d’errance. Cependant, je suis naturellement attirée par le contact social et l'entraide, notamment par le coaching scolaire ainsi que l’accompagnement de personnes atteintes d’un handicap. Je me prends de passion pour la lecture, je dévore le livre de Jacqueline Kelen La faim de l’âme, une approche spirituelle de l’anorexie. Et là sonne le glas, enfin une lecture qui nourrit mon âme sur cette problématique qui m’habite depuis si longtemps ! Je meurs à Moi-M'aime. La spiritualité m'ouvre ses bras et je m'y love avec confiance. Je médite. Lire est ma raison de vivre. La beauté me nourrit. Je guéris peu à peu et ressurgis...

 

A 25 ans, j’entame un parcours universitaire avec passion en philosophie, psychologie et sciences des religions, que je complète par une formation de culture théologique. Je trouve enfin un chemin qui me ressemble et me comble. Je commence à ressentir la présence énergétique des femmes de la Bible et des déesses gréco-romaines, égyptiennes et mésopotamiennes avec qui j'entretiens une relation profonde. Et pourquoi ne pas réhabiliter ces figures féminines divines dans des rituels de femmes aujourd'hui? C'est ce que je déciderai de faire quelques années plus tard avec la plus grande joie.

 

Puis le yoga appelle mon corps de souffrance pour s’apaiser. Mes douleurs articulaires chroniques s'estompent. Ultime  délivrance! Cette pratique harmonisante ne me quittera plus. Je perçois mon corps comme un temple scintillant où loge mon âme. J'apprends à le respecter et écouter ses messages subtiles.

 

Suite à de nombreuses recherches théoriques sur le rôle de la femme dans divers contextes historiques et religieux, je reste consternée devant les faits de violence, d'inégalité et de discrimination dont les femmes sont victimes. Je ressens le besoin nous soutenir ensemble de manière profonde et authentique dans la sororité sans compétition ni jugement. Je suis à la recherche d’une voie psycho-spirituelle qui rende honneur à la femme que je suis. Ce sera au travers du mouvement Womb Blessing®(Bénédiction de l'Utéruscréé par Miranda Gray. Je ressens mon centre Utérus, afin d'y apaiser ses blessures et enfin retrouver ma puissance en tant que femme cyclique. Je me forme en tant que Moon Mother, afin de donner des soins de l'utérus et animer des cercles de femmes dans cette voie libératrice et profonde.

L'indépendance m'habite fortement, je prends un virage et je décide d'ouvrir un cabinet temple pour aider les femmes. Je complète mon accompagnement avec une formation de Hatha Raja Yoga  à Nivedita dans la lignée de Sri Dharma Mittra (200 heures), de Coach Holistique chez Danielle Brault, d'accompagnement à la pratique de l'Oeuf de Jade avec Nathalie Baehler du Temple Energétique, de Prêtresse d'Avalon à l'Ecole des Mystères avec Evelise Paradella et de Reiki avec André Baechler.

Mon chemin a été parsemé d’épines mais aussi de magnifiques roses blanches qui m’ont ouvertes à la Guérison, à l’Amour, à la Lumière et au Divin. Merci à toutes ces âmes qui m’ont aidé à être en joie jour après jour. A l'approche de mes 33 ans, maître nombre symbolisant l'engagement envers les autres, c'est à mon tour d'accompagner des femmes vers l'expression de leur sensibilité afin d'incarner leur vérité et de déployer leurs ailes pour s'envoler.

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De coeur à coeur ♡

Yasmin Lange

Image de Nico Frey