Née d’une union d’amour, le 19 mars 1988, sous le signe du poisson, je suis une petite fille sauvage et hypersensible, profondément touchée par l’injustice et le malheur muet des gens. Les animaux me transpercent le coeur et m'accompagne dans cette aventure rocambolesque qu'est la vie. Ma première chatte Cynthia à mes côtés chaque nuit, apaisera mon sommeil agité.

Malheureusement l'entrée à l'école brimera ma vivacité et ma joie de vivre qui se consumera à petit feu, jusqu'à disparaître à l'adolescence. A 6 ans, je suis déjà exclue de la classe, car je dérange. J'entre donc dans une boîte où il ne faut surtout pas dépasser, par peur d'être rejetée. Heureusement que ma personnalité peut s'épanouir en dehors de ce contexte par l'apprentissage du piano avec un virtuose russe, l'exploration du théâtre et de la comédie musicale, ainsi que l'équitation. 

A 12 ans, je vis ma première expérience marquante de discrimination, parce que je suis une fille. Un beau matin, j'apprends que les cours de sport ne se feront dorénavant plus en commun : les garçons joueront au foot et les filles feront de la gymnastique douce. Scandalisée, je décide de fomenter une insurrection et rallie mes copines à ma cause. Notre plan : une fois sorties des vestiaires, nous courrons à l’étage, comme si de rien était, pour s’asseoir sur les bancs parmi les garçons. En désespoir de cause, nous sommes renvoyées de la salle, car les garçons risqueraient de nous blesser. Je ressens une profonde injustice qui sèmera les graines de mon questionnement autour du rapport homme – femme et mon besoin de m’en libérer.

 

Puis quelques années après cet incident, à 14 ans, la vie décide de me faire voyager au pays de la souffrance pour renaître à moi-m’aime. Suite à ma première longue relation amoureuse, je me sens profondément blessée et traumatisée dans ma sexualité, car violée à plusieurs reprises. Ne comprenant pas ce qu’il m’arrive et ne trouvant pas les moyens d’en parler, mon corps prend le relais et me plonge dans l’enfer de l’anorexie, de la boulimie et de la dépression avec des pensées suicidaires à la clé. Je veux inconsciemment cacher ce corps qui devient femme et appeler à l’aide, car avancer seule sur ce passage initiatique m’est trop effrayant.

 

J’ai 15 ans, je me meurs, mon environnement scolaire m’asphyxie... Cette prison dorée qu'est l'école privée, je n'en veux plus. D'ailleurs je passe à nouveau du temps dans les couloirs, car mise à nouveau à la porte pour mon insolence. J'amuse la galerie en classe, car je m'ennuie et perturbe donc la classe. Ils ne savent que faire de moi, car mes résultats scolaires sont tout de même très bons. 

 

Avec mes antennes bien développées, je perçois déjà trop d'abus sur les jeunes femmes en devenir autour de moi. Cela me désécurise complètement, sans avoir les mots pour en parler. En sus, je subis du harcèlement scolaire avec la boule au ventre de me faire taper dessus chaque jour en arpentant les escaliers.  Seule la relation profonde et silencieuse avec ma jument Béa m'apaise, ainsi que l'amitié partagée avec un adolescent de mon âge. Une compréhension mutuelle sans mots, de coeur à coeur. 

 

J’ai la sensation de devoir changer d’air, car comme le dit si bien Baudelaire dans son poème Spleen : « le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ». Je décide de quitter la Suisse, loin, loin, loin... J'ai la chance de convaincre mes parents de me laisser aller vivre en communauté dans un internat en campagne New Yorkaise. Un espoir pour renaître. Un bulle d'oxygène. Je découvre un univers pédagogique innovant où enseignants et élèves sont assis à la même table, ce qui permet une libération de la parole et une participation active à l'enseignement. Je vais baigner dans une langue qui active d'autres zones de mon cerveau et me permettre de me détacher de mes traumas, ce qui va me faire le plus grand bien. J'explore toujours le jeu par le théâtre pour encore mieux découvrir d'autres facettes de ma personnalité et me prête au jeu de la caméra pour de futurs étudiants cinéastes. Mais je traîne toujours mon sac de cailloux et mes troubles alimentaires aussi. Je suis la jeune fille exotique de Suisse et j'intrigue les garçons, mais pas toujours de la bonne manière, car je subis aussi une phase de harcèlement sexuel. La faille était malheureusement déjà ouverte...

 

Au surplus je découvre tout de même les joies de l'amitié sincère et délirante de tous les milieux sociaux, en vivant dans un environnement naturel d'une beauté rare tapissé d'arbres majestueux. Les écureuils sont aussi mes compagnons de route pour aller à l'école chaque matin.

 

Après deux ans, je monte plus au Nord et m’installe à Boston pour démarrer un cursus universitaire. Quelle idée m'a piqué ? Quel froid de canard sur ces terres. J’ai besoin de resserrer les liens entre femmes et j’expérimente à 18 ans la superficialité d’une sororité à l’américaine avec bizutage, humiliation, contrôle, jalousie et manipulation. J’en ressors dégoutée et écœurée. Heureusement que l'amitié se conjugue au naturel et que je rencontre des amis incroyables venus du monde entier. J'explore aussi l'univers des fêtes très arrosées et de la consommation du cannabis sous toutes formes... Je me noie quelque peu...

 

J’entends le cri de ma terre natale qui m’appelle et rentre en Suisse. A mon retour, j’explore tous les métiers du monde dans un sorte d’errance. Cependant, je suis naturellement attirée par le contact social et l'entraide, notamment par le coaching scolaire, ainsi que l’accompagnement de personnes atteintes d’un handicap mental. Je me prends de passion pour la lecture, je dévore le livre de Jacqueline Kelen La faim de l’âme, une approche spirituelle de l’anorexie. Et là sonne le glas, enfin une lecture qui nourrit mon âme sur cette problématique qui m’habite depuis si longtemps ! Je meurs à moi-m'aime. La spiritualité m'ouvre ses bras, l'éveil et je m'y love avec confiance. Je médite beaucoup. Lire est ma raison de vivre. La beauté me nourrit. La nature me saisit. Je guéris peu à peu et ressurgis des ombres suite à plusieurs expériences de violences physiques subis, commis par des hommes de mon entourage proche... Ma blessure de maltraitance saigne hélàs toujours.

Je travaille dans une ferme biologique pour me rapprocher de la nature et change mon regard sur la société de consommation dans laquelle nous vivons. Je conscientise que ce que je participe à la destruction de la planète et à la dégradation des conditions de travail par mes achats et réoriente mes choix. Le piano se rappelle à moi comme une forme de guérison intérieure. Je redécouvre mon hypersensibilité et ma personnalité atypique.

 

A 25 ans, j’entame un parcours universitaire avec passion en philosophie, psychologie et sciences des religions, que je complète par une formation de culture théologique. Je trouve enfin un chemin qui me ressemble et me comble. La plupart de mes travaux sont orientés sur des problématiques féministes. Je commence aussi à ressentir la présence énergétique des déesses de diverses cultures antiques. Et pourquoi ne pas réhabiliter ces figures féminines divines dans des rituels de femmes aujourd'hui? C'est ce que je déciderai de faire quelques années plus tard avec la plus grande joie.

 

Puis le yoga appelle mon corps de souffrance pour s’apaiser. Mes douleurs articulaires chroniques et mes crises d'angoisse et de panique s'estompent. Ultime  délivrance! Cette pratique harmonisante ne me quittera plus. Je perçois mon corps comme un temple scintillant où loge mon âme. J'apprends à le respecter et écouter ses messages subtiles. Une page se tourne. 

 

Suite à de nombreuses recherches théoriques sur le rôle de la femme dans divers contextes historiques et religieux, je reste consternée devant les faits de violence, d'inégalité et de discrimination dont les femmes sont victimes, y compris moi. Je ressens le besoin nous soutenir ensemble de manière profonde et authentique dans la sororité sans compétition ni jugement. Je suis à la recherche d’une voie psycho-spirituelle qui rende honneur à la femme que je suis. Ce sera au travers du mouvement Womb Blessing®(Bénédiction de l'Utérus) créé par Miranda Gray. Je ressens mon centre Utérus, afin d'y apaiser ses blessures et enfin retrouver ma puissance en tant que femme cyclique. Je me forme en tant que Moon Mother, afin de donner des soins de l'utérus et finis par développer ma propre approche du soin énergétique avec d'autres méthodes pour guérir le Féminin Blessé.

Puis l'indépendance m'habite fortement à côté de mon investissement auprès d'enfants à besoins spécifiques en école spécialisée, je prends un virage et je décide d'ouvrir un cabinet temple pour accompagner les âmes au coeur du Soi. Je complète mon accompagnement avec plusieurs formations dont :

- Bachelor en psychologie, philosophie et sciences des religions à l'Université de Lausanne

- Séminaire de culture théologique à Cèdres Formation

Coaching Holistique chez Danielle Brault

- Pratique de l'Oeuf de Jade et de TaoYoniga avec Nathalie Baehler du Temple Energétique

Prêtresse d'Avalon à l'Ecole des Mystères d'Evelise Paradella

Moon Mother avec Womb Blessing Suisse

Reiki avec André Baechler

- Magnétisme et Energétique à Au Coeur de L'Energie

Radiesthésie Médicale au Centre Holoïde

- Hatha Yoga  à Nivedita

- Yoga Enfants  au Centre de Formation et de Recherche en Yoga 

- Méditation Heartfulness

Et ce n'est qu'un début... 

Mon chemin a été parsemé d’épines, mais aussi de magnifiques personnes rencontrées qui ont cru en moi et m'ont toujours dit que j'avais les ressources pour m'en sortir. Un grand merci du coeur à vous qui m'avez permis d'être qui je suis aujourd'hui et de m'avoir donné les ressources pour guérir mon coeur, mon corps et ma sexualité. Dans toute mon humilité, mes blessures sont toujours présentes, elles cicatrisent lentement et je prends soin d'elles lorsqu'elles se révèlent à moi. J'éprouve chaque jour de la joie d'être en vie et de l'amour pour toute la création. C'est à mon tour de vouloir aider les âmes blessées à traverser leurs ombres pour laisser rayonner leur lumière, tel Chiron le guérisseur blessé. Bienvenue à toi sur ce sentier qui demande du courage.

Si tu souhaites échanger sur mon parcours de résilience, je suis disponible pour cela, n'hésite pas à me contacter pour une rencontre.

​ ​ 

De coeur à coeur ♡

Yasmin Lange

DSC08065.jpg

" Il est large et fréquenté, le chemin par où l'on sort du paradis, mais celui qui nous y ramène est un sentier étroit et parsemé d'épines."
Taras Chevtchenko, poète romantique ukrainien.